La bibliothèque nationale… et monumentale

Maquette du projet

En 1989, commandé par François Mitterand, un concours international d’architecture est organisé pour la conception du nouveau site principal pour la Bibliothèque Nationale de France (qui compte sept sites au total). L’architecte français Dominique Perrault sera retenu pour réaliser le projet.

Le programme de la grande bibliothèque est si vaste que le défi est de taille: le concentrer en un seul bâtiment, il donnerait naissance à une construction d’une monumentalité répulsive. Cet ainsi que Perrault opte plutôt pour la division des espaces en quatre tours d’angle s’articulant autour d’une vaste esplanade publique, accessible jour et nuit. Malgré ce parti, l’échelle de l’ensemble demeure intimidante pour le promeneur aux abords du site de 7,5 hectares ou sur l’esplanade de 60 000 m2.
Un regard plus attentif permet d’apprécier la finesse du design de l’architecte français.

Le concept de Dominique Perrault, est récompensé en 1996 par le prestigieux prix Mies van der Rohe, décerné tous les deux ans par l’Union européenne. Il se veut à la fois classique et minimaliste… Ce qui peut paraître assez contradictoire, à prime abord.
Perrault s’inspire du cloître médiéval en construisant tout autour d’un jardin central mais les lignes de ses bâtiments sont épurées et les matériaux choisis sont éminemment modernes… Métal, béton et verre. L’utilisation du bois, ajoute de la chaleur à cette modernité. L’architecte conçoit tout le mobilier intérieur, optant aussi pour des lignes épurées.

Le jardin de 12 000 m2, cœur du projet, est un espace inaccessible au visiteur mais visible de tous les espaces ouverts au public. Des pins provenant de la forêt domaniale de Bord-Louviers en Normandie le «meublent». Ces arbres matures, auront été transplantés d’une carrière où ils étaient voués à l’abattage, jusqu’au site de la bibliothèque. Tour de force réussi, si l’on fait abstraction d’un système élaboré de tuteurage pour assurer le délicat réenracimenent de ces specimens adultes.

Deux étages encerclent cette petite forêt centrale: le rez-de-jardin abritant une bibliothèque réservée aux chercheurs et le haut-de-jardin, avec sa bibliothèque qui se décline en six départements (sciences et techniques ; littérature et art ; sciences politiques, juridiques et économiques ; philosophie, histoire, sciences de l’homme et de la société ; recherche bibliographique; audiovisuel), offrant 1 700 places de lecture. Les deux étages donnent accès à un total de 640 000 volumes. Cinq espaces d’exposition, deux auditoriums et des espaces d’accueil et de repos complètent les espaces accessibles à tout public.

Encadrant l’esplanade, au-dessus de ces deux étages, sont implantées quatre tours en forme de livres ouverts, qui participent ensemble à des jeux de reflets, accueillent les espaces de bureaux et d’archivage de documents anciens. À tous les étages, des volets métalliques habilement plaqués de bois d’Okoumé permettent de contrôler l’ensoleillement tout en réchauffant la modernité du mur rideau. Chaque tour porte un nom : tour des Temps, des Lois, des Nombres et des Lettres.

Inaugurée en 1996, la nouvelle bibliothèque nationale de France, implantée dans le secteur Tolbiac du 13e arrondissement de Paris, aura été la pierre fondatrice du nouveau quartier «Paris Rive gauche», le projet d’aménagement urbain le plus ambitieux depuis les grands travaux haussmanniens de la fin du XIXe.

Si l’on accède au site de la Grande Bibliothèque en provenance de la rive droite, la magnifique et très élégante passerelle Simone de Beauvoir, réalisée par l’architecte autrichien Dietmar Feichtingher, est le choix tout indiqué. Formée de deux courbes qui se croisent, elle est réservée aux modes de transport «doux». Inauguré en juillet 2006, elle relie directement le parvis de la bibliothèque (13e) et le parc de Bercy (12e).

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