Charlie hebdo, 9 janvier 2015… Jour J + 2

Au moment où j’écris ces lignes, un dénouement a eu lieu. Je vous rapporte ici mon après-midi, quelques heures auparavant.

À quelques minutes à pied d’un café où j’ai l’habitude d’aller…
Deux jours après les tristes évènements, le secteur du drame est pris d’assaut par des milliers de sympathisants de toutes origines et des journalistes de partout au monde. La rue Nicolas-Appert est déserte, si ce n’est que de quelques policiers devant le numéro 10. La chaise qui a servi pour évacuer un des blessés est encore là, sur le trottoir.

Le passage Sainte-Anne Popincourt (une des rues qui font angle avec la petite rue Nicolas-Appert), une jolie rue résidentielle, petit coin normalement tranquille est littéralement envahi. Des bouquets de fleurs par centaines, des mots, des bougies, de l’encens, des crayons…beaucoup de crayons. J’y ai fait ma petite contribution avec les moyens du bord…le Québec est Charlie!

Ce qui frappe le plus: le silence… Les gens déambulent, déposent des fleurs, un mot…se recueillent en silence. Les seuls bruits proviennent des journalistes qui effectuent leurs reportages.
On peut lire des messages de paix, d’amour et de solidarité. Des messages qui expriment tristesse, colère et indignation…
Dans les rues avoisinantes, beaucoup de commerces  sont fermés… Que ce soit en guise de solidarité ou parce que les gens se remettent de leurs émotions, ayant été aux premières loges du drame de mercredi.

Non loin, place de la République (lieu d’un rassemblement de 35 000 personnes jeudi soir), une foule importante y circule aussi, autour du monument emblématique de la république (les trois statues adossées au socle représentant la liberté, l’égalité et la fraternité).
Des fleurs, des messages abondent… On écrit sur le monument avec des feutres, comme si l’on voulait quelque chose d’indélébile pour exprimer toute l’indignation, la colère, la douleur et la solidarité. Le crayon est devenu symbole de liberté.

L’atmosphère est différente, c’est une grande place, un carrefour …on assiste à plus de «selfies» mais la solidarité est palpable, visible…tout le monde se sent lié devant l’horreur, devant cette attaque à la liberté d’expression.
Le monument à la République est un symbole de liberté tellement fort qu’il inspire des mots, des slogans… il incite à se prononcer, à participer à ce mouvement d’indignation collective… Les gens écrivent partout et plusieurs cherchent à rendre permanents leur geste, leurs mots.

Durant ce temps, les sirènes se font incessantes dans la ville… Un dénouement approche, du moins on l’espère.

À Paris, tous les drapeaux sont en berne et l’incident est sur toutes les lèvres…on attrape des mots au passage. Chacun y va de son interprétation des événements… Il y a de tout sur le spectre de la tolérance. Marine le Pen aura tôt fait de «surfer» sur la vague des dérapages racistes!

Dans tout ça, il faut trouver le beau…sans quoi, on sombre dans la déprime, la colère ou pire…le désir de vengeance!
Les fleurs, les mots d’amour, le recueillement et la solidarité des gens de toutes origines m’ont touchée!

Laisser un commentaire