Paris méconnu – Les passages couverts – 1ère partie

Les passages forment un ensemble architectural important au sein du patrimoine bâti parisien. Ce sont des curiosités pleines de charme aux décors qui nous font voyager dans le temps, à l’époque du second empire…Construits vers le début du XIXe siècle, les passages sont des galeries percées au milieu des immeubles et en général, couvertes d’une verrière. On les retrouve presqu’exclusivement sur la rive droite de la Seine, principalement dans cinq secteurs: autour de la Madeleine, du Palais Royal, des grands boulevards, des portes ou de la République.

Les passages permettaient aux promeneurs de se déplacer et faire des achats au sec à une époque où n’existaient ni trottoirs, ni égouts . Paris en comptait jusqu’à 150 vers les années 1850, mais il n’en resterait qu’une trentaine aujourd’hui. Les passages sont privés, normalement d’usage public et sont le plus souvent habités aux étages. Plusieurs sont inscrits «monuments historiques» et la Ville de Paris met actuellement tout en oeuvre pour sauvegarder ce patrimoine en apportant une aide aux propriétaires.

PASSAGE DES PANORAMAS

Le passage des Panoramas, situé dans le 2e arrondissement, a été créé en 1799 et est répertorié comme le plus ancien passage couvert de Paris (quelques autres plus anciens ont été détruits). Long de 133 m, il possède encore aujourd’hui un cachet d’antan et est toujours animé d’une activité commerciale avec ses restaurants et ses boutiques de collectionneurs et d’artisans. Le théâtre des Variétés s’y est adossé en 1807 et l’entrée des artistes se fait par la galerie des Variétés, une des galeries de la ramification qui s’est ajoutée au fil du temps. L’entrée du passage (ou de l’une de ses galeries) peut se faire par le 11 boulevard Montmartre, mais aussi par la rue Montmartre, la rue St-Marc ou la rue Vivienne.
L’ancienne boutique du réputé graveur Stern, joyau du passage des Panoramas, a été transformée en restaurant italien (Caffè Stern) haut de gamme, réaménagée (dans les limites permises pour un monument historique) par le célèbre «créateur d’ambiance» Philippe Starck. Si votre bourse est modeste, c’est un endroit qu’il vaut mieux visiter à l’heure de la pause café…Mais c’est une expérience en soi!

PASSAGE JOUFFROY

Dans le 9e arrondissement, le passage Jouffroy est érigé en 1847 en prolongement du passage des Panoramas (de l’autre côté de la rue). Il relie le Boulevard Montmartre à la rue de la Grange Batelière. C’est l’un des plus jolis et des plus populaires auprès des visiteurs. Entièrement rénové en 1987, son dallage d’origine en marbre a été restauré. Long de 140 m, il est le premier passage de Paris construit entièrement en métal et en verre. En 1882, le Musée Grévin (avec ses célèbres personnages en cire) ouvre ses portes et s’installe sur le terrain adjacent. La sortie du musée se fait encore aujourd’hui par le passage qui abrite aussi boutiques d’objets anciens et inusités, salon de thé, hôtel et brasserie. Le promeneur peut y admirer de magnifiques devantures de commerces rappelant une autre époque et bouquiner à la librairie du Passage qui compte près de 30 000 titres consacrés à tous les domaines des arts.

PASSAGE VERDEAU

Le passage Verdeau, construit la même année, est long de 75 m et relie la rue du Faubourg Montmartre et la rue de la Grange Batelière. Il porte le nom de son créateur et se situe dans le prolongement du passage Jouffroy. Dans ce charmant passage, recouvert d’une belle verrière en arrête de poisson, le visiteur peut trouver des antiquaires, marchands de livres anciens, boutiques de collectionneurs et bistros.

GALERIE VIVIENNE

La galerie Vivienne, inaugurée en 1826 est sans conteste l’une des plus luxueuses de Paris, avec son décor riche et somptueux et son sol en mosaïque colorée. Longue de 176 m, elle est construite à l’époque pour relier par un angle droit la rue Vivienne et la rue des Petits Champs, assurant ainsi un lien avec les jardins du Palais Royal et leurs galeries.
Éventuellement moins fréquentée avec le déménagement des commerces prestigieux vers la Madeleine et les Champs Élysées, puis abandonnée, la galerie sera menacée de démolition au début du XXe siècle mais sera finalement sauvegardée et inscrite «monument historique» en 1974. Elle sera alors restaurée, retrouvera ses lettres de noblesse et sera définitivement consacrée comme «haut lieu de la mode» en 1986 lorsque Jean-Paul Gaultier décide de s’y installer.
Aujourd’hui la galerie est de nouveau «branchée» et abrite des boutiques raffinées, conformément à la vision originale de son promoteur au XIXe siècle, Maître Marchoux dont elle empruntera le nom au tout début.

GALERIE COLBERT

La galerie Colbert, voisine de la galerie Vivienne, sera construite la même année dans le but de lui faire concurrence mais elle ne vivra jamais les mêmes heures de gloire. Sa conception architecturale étant pourtant d’une grande beauté avec sa grande rotonde de 15 m de diamètre.
Elle connaîtra le même sort que sa voisine, échappant de peu à la démolition est sera elle aussi inscrite «monument historique» en 1974.
Entièrement restaurée dans les années 1980, elle sera par la suite achetée par la Bibliothèque nationale de France, pour devenir jusque’à ce jour, le siège de l’Institut national de l’histoire de l’art et de plusieurs institutions liées à l’histoire de l’art et à l’archéologie.

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